Histoire d’un écologiste chestrolais fondateur du Parti Vert du Québec...

Publié le vendredi 22 mai 2009
Cet article a reçu 0 commentaire

Peux-tu nous expliquer ta nationalité, où es-tu né, comment t’es-tu retrouvé à Neufchâteau, et ensuite au Québec. Reviens-tu de temps à autre en Belgique ?

Je suis né à Mouscron et j’ai habité Grapfontaine pendant six années de 1976 à 1982. J’ai fait toutes mes humanités à l’institut Saint-Michel de Neufchâteau que j’ai terminées en 1982. J’en garde encore de très agréables souvenirs.

Ma famille a émigré au Québec en novembre 1982 lors de la terrible crise économique, dans l’espoir d’améliorer notre sort et aussi un peu à la recherche d’aventure. La nature au Québec est encore magnifique et assez sauvage.

J’ai fait un Ph. D. (doctorat en philosophie) en génie physique à l’École Polytechnique de Montréal et j’enseigne la physique à l’École de technologie supérieure, une autre école d’ingénieurs de Montréal.

Je suis de nationalité belge et canadienne. Même si la Belgique n’accepte pas la double nationalité, comme je suis devenu canadien alors que j’étais encore sous droit de service militaire, je suis demeuré belge.

Je ne reviens pas aussi souvent en Belgique que je le voudrais. Cela fait déjà 9 ans que je n’y suis pas allé. Mais je l’avoue, la Belgique me manque. Peut-être l’année prochaine ou la suivante y ferais-je le voyage avec toute ma famille.

Peux-tu nous décrire quelle est ta position actuelle au niveau du Parti Vert du Québec (PVQ) ?

Je suis vice-président au conseil exécutif du parti. Je suis également responsable des volets transport et énergie.
Cliquez ici pour consulter une video sur le PVQ.

Wikipédia nous dit que tu es membre fondateur du PVQ, comment cela s’est-il passé ?

Le parti vert du Québec a été fondé au début des années 1980, mais en 1994, le chef de l’époque, Jean Ouimet a quitté le parti pour rejoindre le parti québécois. Quelque temps plus tard, le parti vert a été dissout. En 2001, nous avons remis sur pied un nouveau parti vert du Québec. À l’époque, les Québécois étaient très ignorants sur les partis écologistes et ne nous considéraient pas comme un parti sérieux. Pour eux, un parti vert ou le parti de la loi naturelle, c’est la même chose. Nous voyions vraiment une différence d’attitude entre les Québécois de plus de 40 ans et ceux de moins de 40 ans. Les premiers ne considèrent pas que l’environnement soit menacé et ne voient pas qu’il y a un grave problème.

Quel est l’importance du PVQ au Québec, et dans quel environnement politique global se place ton parti ?

La situation du PVQ au Québec est navrante. Le Québec possède un système électoral archaïque, soit le système majoritaire à un tour. Ce système empêche un parti qui n’obtient pas un environ de 15% d’avoir des députés. Ce système favorise le bipartite. En 2007, nous avons obtenu 4% des votes et évidemment aucun député vert n’a été élu. Pendant des années, le parti ADQ (l’Action Démocratique du Québec, parti de droite) qui obtenait près de 20% des votes n’avait qu’un seul député sur 125 ! C’est même déjà plusieurs fois arrivé qu’un parti étant arrivé deuxième en terme de votes prenne malgré tout le pouvoir. Le gouvernement libéral actuel n’a obtenu que 42% des voix, mais possède 53% des députés, il est donc majoritaire.

La réforme du mode de scrutin pour un système proportionnel est même dans le programme du parti québécois depuis plus de 20 ans, mais une fois au pouvoir ne l’a jamais appliqué.

Comme le parti vert n’a aucun élu, les médias ne nous écoutent pas. Pendant la dernière campagne électorale, certaines de nos conférences de presse n’attiraient qu’un ou deux journalistes, rarement de télévision, qui par ailleurs ne nous citaient pas toujours correctement. Bref, pour les médias nous n’existerons pas tant que l’on n’aura pas d’élu. Pas de visibilité dans les médias entraîne une méconnaissance des citoyens envers à nous.

Le dernier sondage nous donnait 8% des intentions de vote, mais il y a un désintéressement constant des Québécois pour la politique. Lors des dernières élections, seulement 57% des citoyens sont allés voter. Cela favorise le parti au pouvoir qui ne fait rien pour changer les choses.

Ici c’est le gouvernement en place qui décide quand les élections seront déclenchées dans une période de 5 ans. Elles sont déclenchées lorsque le parti au pourvoir est au mieux dans les sondages. Cela aussi contribue à la perte de confiance des Québécois envers les politiciens, peu importe leur allégeance.

C’est à peu près la même situation pour le parti vert du Canada.

Du point de vue politique, le Québec et le Canada sont très arriérés par rapport aux pays d’Europe. De plus, l’individualisme est ici un véritable culte. Tout le monde est pour un meilleur environnement à condition qu’ils n’aient rien à changer. On a donc juste à leur promettre des baisses d’impôt pour obtenir plus de votes.

Quel est l’évènement politique, ou le succès électoral qui te rend le plus fier de tes choix ?

En 2003, le parti vert avait organisé une coalition de groupes écologistes pour s’opposer à la construction d’une centrale thermique près de Montréal. Nous avons réussi à organiser une énorme manifestation qui a finalement fait reculer le gouvernement.

Nous n’avons pas vraiment eu de succès électoraux vu que nous n’avons jamais fait élire un député. Par contre, quelques fois, nos propositions sont reprises par les partis politiques principaux, mais malheureusement sans qu’ils ne les appliquent vraiment…

Quel sont tes projets en politique pour les années qui viennent ?

Essayer d’augmenter la visibilité médiatique du PVQ en participant à plusieurs débats sur l’environnement et le développement durable.

Suis-tu par internet l’évolution politique en Belgique ? Qu’est-ce qui te marque le plus ?

J’essaye de suivre l’évolution du parti ECOLO, mais je n’ai malheureusement pas toujours le temps de connaître les détails. Mais au moins, vous avez des élus qui influencent les politiques de la Belgique. Ce qui me rend d’autant plus fier de mes origines belges.

Si tu pouvais dire quelque chose à nos deux candidats chestrolais avant les élections régionales que nous allons vivre ce 7 juin, ce serait quoi ?
Je suis fier d’eux et, je l’avoue, je les envie. Je leur souhaite évidemment d’être élus afin de prendre soin de cette magnifique région qu’est celle de Neufchâteau et pour laquelle j’ai tant d’agréables souvenirs.